Le 11 juin 2026, le monde entier aura les yeux rivés sur la Coupe du monde 2026, qui débutera avec le match d’ouverture opposant l’un des pays hôtes, le Mexique, à l’Afrique du Sud. Cette compétition, qui se déroulera sur 39 jours jusqu’au 19 juillet 2026, sera organisée dans trois pays hôtes : les États-Unis, le Canada et le Mexique. Elle réunira 48 sélections nationales, environ 1 250 joueurs et totalisera 104 matchs.

Si cette grande fête du football accueillera les habitués tels que le Brésil, la France, l’Argentine, l’Angleterre ou encore l’Espagne, plusieurs nations historiques manqueront à l’appel. Parmi les absents figurent notamment l’Italie, le Danemark, la Pologne, le Cameroun, le Nigeria, la Hongrie et le Chili. Cette édition sera également marquée par la première participation de quatre sélections : l’Ouzbékistan, la Jordanie, le Cap-Vert et Curaçao. De son côté, Haïti disputera la deuxième Coupe du monde de son histoire après celle de 1974. Les Grenadiers effectuent ainsi leur grand retour sur la scène mondiale après 52 ans d’absence.
L’entrée en lice de l’équipe haïtienne
Les Grenadiers ont été versés dans le groupe C aux côtés du Brésil, du Maroc et de l’Écosse.
Depuis 1974, de nombreux Haïtiens ont traditionnellement soutenu le Brésil lors des Coupes du monde, au point que certains parents ont donné à leurs enfants des prénoms inspirés de célèbres joueurs brésiliens. D’autres, séduits par le génie de Diego Maradona lors du Mondial 1986, ont développé une affection particulière pour l’Argentine. Mais en 2026, c’est avant tout leur propre sélection nationale que les Haïtiens porteront dans leur cœur.Le premier match d’Haïti est programmé le 13 juin 2026 face à l’Écosse. Cette sélection britannique compte plusieurs joueurs évoluant dans les plus grands championnats européens. Cette rencontre, qui marquera l’entrée en compétition des Grenadiers, se jouera au Gillette Stadium, près de Boston, une région où habite une importante communauté haïtienne. Le coup d’envoi est prévu à 21 heures, heure d’Haïti.

Les deux autres rencontres du groupe opposeront Haïti au Brésil le 19 juin, puis au Maroc le 24 juin.
Que représente cette participation pour les Haïtiens ?
En Haïti, le football occupe une place particulière dans le cœur de la population. Depuis des décennies, les Haïtiens vivent les Coupes du monde avec une passion exceptionnelle, soutenant principalement le Brésil ou l’Argentine. Lorsque ces grandes nations disputent un match important, il n’est pas rare de voir l’activité ralentir dans plusieurs villes du pays. Dans certaines familles, tout s’arrête le temps de la rencontre.
À partir du 13 juin 2026, cette immense ferveur populaire sera entièrement tournée vers la sélection haïtienne. Les supporters répondront présents pour encourager les Grenadiers avec la passion, la fierté et l’enthousiasme qui les caractérisent.
Certains supporters ne pourront toutefois pas se rendre aux États-Unis pour soutenir leur équipe en raison des restrictions migratoires et des difficultés administratives qui touchent une partie de la communauté haïtienne. Malgré cela, la diaspora haïtienne établie aux États-Unis, au Canada, en France et dans de nombreux autres pays est prête à se mobiliser pour soutenir les Grenadiers. En Haïti également, les supporters accompagneront en pensée leur équipe jusqu’au bout de l’aventure.
Par ailleurs, cette participation revêt une importance particulière dans un contexte marqué par une crise politique, économique et sécuritaire persistante. L’insécurité, la pauvreté, les violences armées et les difficultés du quotidien pèsent lourdement sur la population haïtienne depuis plusieurs années. Dans ce contexte, la participation d’Haïti à la Coupe du monde représente bien plus qu’un simple événement sportif. Elle offre à tout un peuple l’occasion de rêver, de retrouver le sourire et de partager un moment inoubliable. Ainsi, pendant quelques semaines, les préoccupations quotidiennes laisseront place à l’espoir, à la fête et à la passion du football.
Les fan zones, les rassemblements populaires, les drapeaux agités, les klaxons et les célébrations transformeront les quartiers en véritables lieux de fête. Chaque match deviendra un moment de partage collectif et contribuera à dynamiser temporairement l’activité économique locale.
Plus qu’une compétition sportive, cette Coupe du monde représente pour de nombreux Haïtiens un motif de fierté comparable à celui suscité par l’indépendance de 1804.
Grenadye, alaso !